Une pluie de mirabelles en période de récolte à la

Une pluie de mirabelles en période de récolte à la « Distillerie de Mélanie »

©Bertrand Munier

 

Bouilleur de cru. Cette fonction serait plutôt réservée à la gent masculine. Que nenni !

Mélanie Bigeard-Demange n’a cure des préjugés et s’est octroyé le droit de vivre de

sa passion en reprenant les rênes de la distillerie séculaire mosellane Pierre-Maucourt

à Marieulles-Vezon en 2009. Un challenge difficile mais passionnant, que la jeune

géomètre-topographe de formation a su relever brillamment.

La réussite d’une famille unie autour de Mélanie Bigeard-Demange

La réussite d’une famille unie… autour de Mélanie.

©Bertrand Munier

Le parcours singulier de Mélanie Bigeard-Demange se partage, depuis 2009, entre une vie de famille et un destin professionnel où s’entrechoquent les récoltes fruitières, la distillation, la promotion et la commercialisation de ses produits, sans négliger de promouvoir son savoir-faire au cours de très appréciées portes ouvertes. Véritable chef d’entreprise et maman au grand cœur, elle a su s’attirer la sympathie et la reconnaissance de ses pairs, tout comme celles des pâtissiers ou des chefs-restaurateurs (dont certains étoilés) pour son travail réalisé. Toutefois, dans ce concert de louanges, elle aime ressasser que sa famille a toujours été la pierre angulaire de son projet ambitieux. « Sans elle, confesse-t-elle humblement, je ne serais rien ! Car ce métier est physique et prenant. Mais je ne regrette absolument pas mon choix de vie. Je voulais travailler en plein air et au contact de la population. Je suis donc en accord avec moi-même. »

À Vezon, ancienne commune mosellane rattachée à Marieulles en 1812, l’agriculture locale fut longtemps assimilée au traitement du chanvre et surtout à la production de la fraise, déjà amorcée à Woippy près de Metz. Un revenu financier pour les habitants de la région qui n’avaient plus de vignes au lendemain du premier conflit mondial. La fraisiculture vit donc le jour localement suite aux mauvaises récoltes d’après-guerre du raisin. Celle-ci atteindra des chiffres vertigineux en 1950 : 65 tonnes à Vezon et 72 à Marieulles. Cependant, toutes les belles histoires ont une fin. Au début des années 1970, la fraise disparut alors que la vigne redorait son blason et que les vergers fourmillaient de mirabelliers sous la tutelle de multiples producteurs. Parmi ceux-ci figurait Louis Maucourt qui va s’ingénier à donner à la mirabelle de Lorraine toutes ses lettres de noblesse dès 1920. Distillant sa propre production de fruits dans son alambic personnel, il fut amené à faire de même pour ses voisins et ses amis. Progressivement, il distilla un, deux, trois… puis une multitude de tonneaux tout au long de l’année. Il produira allègrement l’eau-de-vie de quetsche, marc, poire williams, reine-claude et bien sûr mirabelle. Conditionnés en bonbonnes en verre serties d’osier, ses alcools étaient achetés par des négociants qui les revendaient ensuite au détail auprès des commerçants. Sa démarche sera relayée par son fils Gabriel qui les vendra plus tard en bouteille. Au plus fort de la production, les médailles et récompenses affluèrent à la propriété Maucourt dont la renommée dépassait le cadre régional et national. La continuité de l’exploitation fut assurée ensuite par Pierre Maucourt, mais pour des raisons de santé, ce dernier se résolut à céder l’entreprise. En 2005, il lança un appel d’offres pour vendre la distillerie, qui revint trois ans plus tard à Mélanie Bigeard-Demange, une enfant du pays. La nouvelle propriétaire revient sur les circonstances de cet achat peu commun. « Effectivement, j’étais géomètre-topographe, mais adolescente, je venais déjà dans les vergers Maucourt pour effectuer les récoltes. Puis, le hasard m’a conduite à effectuer un remplacement au secrétariat de l’entreprise. Au final, je suis demeurée une salariée à plein temps. J’ai appris tous les rudiments de la distillation au contact de Pierre Maucourt et j’en suis fière. La suite ? Lors de la vente, je me suis dit : pourquoi pas moi ? De prime abord, un tel choix pouvait paraître irréaliste, mais j’ai reçu le soutien indéfectible de mon mari Cédric et de mes parents Patrick et Anne-Marie. Sans leur présence permanente et bienveillante, il n’était nullement question de me lancer dans un tel projet. »

Puînée d’une fratrie de trois filles, la jeune femme originaire de Féy (57) va s’investir quotidiennement à produire les meilleurs alcools blancs de la région. Productrice-récoltante et distillatrice patentée, située sur les côtes de la Moselle, elle se spécialise dans l’eau-de-vie de mirabelle dite de Lorraine. « Eh oui ! Assène-t-elle justement. Il faut sans cesse le marteler. Notre mirabelle est une appellation. Il faut qu’elle soit de Metz ou de Nancy, implantée sur l’aire géographique de ces territoires, distillée dans des alambics en cuivre et en deux passes. Ensuite, chacun apprécie à sa façon les deux types de variétés lorraines. » Dans le magasin de vente situé à Vezon, tout est ordonné, soigneusement présenté. Chaque bouteille de mirabelle de Lorraine d’appellation a sa propre distinction. Elle se décline en trois cuvées. Sur le col, le cachet rouge indique un assemblage d’eaux-de-vie relativement jeunes (de 1 à 3 ans), vigoureuses et fruitées ; le jaune, un assemblage qui allie rondeur, finesse et fruité (de 5 à 8 ans en fûts de frêne) ; tandis que le noir désigne une longue période de vieillissement, légèrement ambre (de 10 à 15 ans en fûts de frêne). Une autre facette de la pétillante Mélanie est de présenter une Mirabelle de Lorraine cachère. Enfin, pour s’adapter aux circonstances et aux évolutions des types de consommation, elle propose également des alcools en mignonettes et des liqueurs. Aujourd’hui, son prénom est définitivement  accolé à la célèbre distillerie de Vezon avec une reconnaissance professionnelle avérée.

La crème de mirabelle à découvrir et à déguster à l - Copie

Mirabelle de Lorraine

La crème de mirabelle et l'eau-de-vie de mirabelle (entre autres) sont à découvrir et à déguster à la « Distillerie de Mélanie »  lors de la journée porte ouverte

du 24 avril 2016.

© Mélanie Bigeard-Demange

Actualité présente :

Dimanche 24 avril 2016 de 10H00 à 18H00
En partenariat avec la Chambre d’Agriculture de Moselle, Mélanie réalise une porte ouverte de son exploitation.
Venez découvrir son métier de producteur de fruits ainsi que de distillateur. Dégustation également de toute sa gamme de produits.
Visites commentées à 10H30 - 14H30 - 16H00.

 

 

 « Distillerie de Mélanie »

2 rue des Vignerons

57420 Marieulles-Vezon

Tél : 03 87 52 80 72

Mél : contact@distilleriedemelanie.fr

Site : www.distilleriemaucourt.fr