Le nom de l’acteur nancéien Georges Marchal, époux de la très belle actrice Dany Robin, brillera après guerre, aux sunlights - Copie

Georges Marchal, au faîte de sa gloire et du cinéma français de l’après-guerre. ©Robin Marchal 

Considéré comme l’alter-ego de Jean Marais, le cinéma français lui ouvre toutes grandes ses portes, surtout au lendemain de la « drôle de guerre ». Toutefois, il ne connaîtra jamais les puissants scialytiques médiatiques et ne pourra finalement arriver au même niveau de reconnaissance et de notoriété que son contemporain illustre. Pourtant ! Son parcours aurait mérité une reconnaissance plus appuyée de sa profession. Retour sur l’existence de Georges Marchal…

 

Georges Marchal, « jeune premier » du 7ème Art hexagon

 

Georges Marchal, « jeune premier » du 7ème Art hexagonal. ©Robin Marchal 

De Nancy… à Paris

Né le 10 janvier 1920 à Nancy où ses parents sont employés à la « Société Carbone Lorraine », il passe toute son enfance sous les ors de la Place Stanislas. Puis, entre-les-deux-guerres, suite à une mutation professionnelle de ceux-ci à Gennevilliers en région parisienne, il veut entrer au séminaire. Finalement, nullement attiré par les voix du Seigneur et le tableau noir, il excelle dans toutes les activités sportives, y compris la danse. Gagnant sa vie comme garçon de piste dans le prestigieux « Cirque d’Hiver Bouglione », il fait la connaissance de Maurice Escande, comédien et acteur au temps du muet. Cette rencontre inopinée est à l’origine de la carrière du jeune lorrain qui prend alors des cours d’art dramatique. Très bel homme pour la gent féminine, qui plus est athlétique, l’élève comédien obtient son premier rôle au cinéma dans un film signé Jacques de Baroncelli « Fausse alerte » (1940), avec comme partenaires principaux, Saturnin Fabre, Micheline Presle et Joséphine Baker. Un film qui ne sera distribué seulement qu’à la Libération (1945).

Tout en faisant de petites apparitions à la Comédie française dont il est pensionnaire, Georges Marchal intervient dans « Premier Rendez-vous » (1941), un succès notoire. Il enchaîne ensuite les tournages et son nom s’inscrit progressivement en lettres majuscules au fronton des cinémas. Sa partenaire privilégiée est Danielle dite Dany Robin (1927-1995) qu’il prend pour épouse dans les Yvelines à Montainville (1951). Le cercle familial s’agrandit avec la venue au monde de deux enfants : Frédérique et Robin. Sa propension pour le sport, et surtout son physique, lui permettent d’être sollicité souvent pour des films en costume aux scènes de combat : Les trois mousquetaires, Les légions de Cléopâtre, Le colosse de Rhodes Luis Buñuel, avec qui il est ami, l’invite même à se produire également dans ses films : Belle de jour, La voie lactée… Dans les années 1970, divorcé, le grand écran ne lui fait plus guère les yeux doux. Aussitôt, il oriente sa carrière vers la télévision où ses admirateurs le retrouvent dans « Les Rois Maudits » d’après Maurice Druon ou encore dans « Château Vallon » mais également dans un épisode de la série « Les enquêtes du commissaire Maigret ».  

Georges Marchal, à l’affiche du film d’Henri Decoi

 

 

 

Georges Marchal, à l’affiche du film d’Henri Decoin « Au grand balcon » (1949) aux côtés de Pierre Fresnay. ©Robin Marchal 

 

Retour « chez lui » grâce au commissaire Maigret

Cette série TV à succès lui permet de retrouver inopinément sa ville natale. En effet, l’épisode « Maigret se Trompe » met aux prises une femme et son amant, un professeur de médecine. Ce rôle est tenu par Georges Marchal qui explique à cette époque (1981) : « L’action de cet épisode a été transposée à Nancy où le scénariste avait trouvé des immeubles et des quartiers (avenue Carnot) correspondant à l’ambiance du roman de Simenon. Personnellement, ce fut une aubaine de revenir sur le sol de mon enfance et de redécouvrir des lieux qui m’étaient chers. En outre, j’avais la chance d’avoir comme partenaires, Jean Richard, François Cadet, Macha Meril, Ginette Garcin et un certain Patrick Bruel. » Pour anecdote, l’appartement filmé dans l’épisode était celui d’un professeur de l’Université de Nancy, et quand on lui demanda l’autorisation de tourner des scènes chez lui, il répondit : « La télévision ne m’intéresse pas. Si ce n’était pour Maigret, je vous aurais flanqués à la porte ! »

Divorcé de l’actrice Dany Robin et remarié, il se fixe dans le Sud-Ouest où il ferme les yeux à jamais (après une longue maladie), le 28 novembre 1997 à Maurens (Dordogne). Quant à sa première épouse, devenue Madame Michael Sullivan (l’impresario irlandais des premiers James Bond), elle connaît une mort atroce (avec son mari) des suites de l’incendie de leur appartement parisien du Trocadéro (1995). Cruel destin pour cette artiste extraordinaire, qui devait s’envoler pour Cuba le lendemain de ce terrible drame, afin d’être l’une des héroïnes (Mathilde Vallogne), de la série à succès  « Terre Indigo ». 

Georges Marchal aux côtés de son épouse Dany Robin, dans le film de GilleGeorges Marchal repose au cimetière des Yvelines à Montfort-l’Amaury aux côtés de son jeune frère ainsi que de ses parents… et non loin de son épouse Dany Robin.

Par Bertrand Munier

 

 

Georges Marchal avec son épouse Dany Robin, dans le film de Gilles Grangier… « Le plus joli pêché du monde ». ©Robin Marchal